Voyage

Publié le par Tmnath

Évidemment que le voyage fut magnifique. Fantastique même. Il n'y a qu'à voir l'expression sur ton visage lorsque tu en parles. Tes yeux se perdent dans le lointain, ils s'habillent d'une lueur que je n'ai pas vu depuis si longtemps ... Mais c'est déjà l'heure de rentrer. Lorsque tu es parti, jamais tu n'as pu t'attendre à aller en de si beaux lieux ... Et maintenant tu bénis cette ignorance. Tu ne veux plus savoir, tu tiens à rester dans le noir. Que personne ne te dise à quoi ressemble cette lumière, car la découvrir sans savoir qu'elle existe est la plus belle des choses. C'est déjà l'heure de rentrer.

Tout passe si vite à l'étranger. Car tout est différent. Le ciel ne brille pas de la même façon, l'air se respire autrement, les paysages ne peuvent se regarder avec les mêmes yeux. Et redécouvrir ses sens, ça prend du temps. On voudrait sauvegarder à jamais chaque instant de vie, car on sait qu'ils sont, sur le moment, les plus belles secondes de nos existences. Ils brillent alors plus qu'ils ne pourront plus le faire ensuite. Contemplant l'horizon, on sait qu'il y a quelque chose d'éphémère dans l'air qui mourra dans quelques secondes, on essaye tant bien que mal de saisir cette petite partie du tout. Mais tout est si grand ... l'immensité ne peut être embrassée d'un seul regard. On aimerait retenir pour toujours cette sensation d'existence différente de d'habitude. La retenir suffisamment longtemps pour la comprendre.

Et le paysage défile dans l'autre sens. Dans le calme de la nuit, on retourne doucement chez soi. On est heureux d'avoir vécu, et triste de ne pas l'avoir fait assez. Ce n'est jamais assez. Il faut pourtant s'éloigner, pour pleurer, pour revenir et comprendre pourquoi ces larmes. Puis repartir à nouveau. Avec de nouveaux fragments de paysages, des morceaux d'une autre vie que l'on a pu vivre que quelques jours. Les années passent et les émotions s'étiolent. On ne sait plus d'où vient cette humidité au fond de nos yeux. Une tristesse séchée du monde qui n'existe plus. Revenir sur ses pas permet-il de ressentir les mêmes choses, à la sensation près ? Je ne souhaite pas retomber dans cette époque d'avant le voyage, lorsque je n'étais rien. Car je ne suis pas sûr de pouvoir apprécier à nouveau le ciel.

 

Mon blog a tant besoin d'affection. Mais je le délaisse, car je ne ressens pas le besoin d'écrire. Alors que ce soir pourtant, j'ai trouvé l'inspiration si facilement. Elle vient de n'importe où, déclenchée par une belle image qui réveille des envies accumulées. Je vois que je ne tiens pas si longtemps sans écrire finalement. Tant mieux. Peut-être est-ce ainsi que je trouverai l'équilibre.

 

Bonne nuit. Essayons de voir si je peux formuler un rêve digne de ce nom.

Publié dans Billets

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