J'en sais rien

Publié le par Tmnath

Je ne sais pas. Vraiment pas quoi dire sur ce qu'il vient de se passer ce soir.

Cette année, j'ai 5-6 pièces de théâtre à aller voir. Je reviens de la seconde. La première était vraiment captivante et étrange, mais celle-ci, celle-ci.

Celle-ci.

Plus la pièce avançait, plus je me sentais concerné. Je me reconnaissais dans chaque dialogue, dans chaque sujet. La mise en scène était démente, le fil narratif maîtrisé comme jamais. L'histoire dans l'histoire dans l'histoire donc, d'un ...

En fait non. Les personnages importent peu, pardon pour eux. Ils n'étaient là que pour hurler à notre visage les vérités contenues dans cette pièce. Des nombreux sujets ont été abordés.

Le sens de la vie. La solitude. La remise en question, cette incompréhension qui fait qu'un matin, on se lève en se demandant pourquoi continuer. La différence aussi. Ce passage à l'âge adulte, où l'on prend conscience de ce qui se passe, de ce qui arrive, qu'on ne veut plus grandir du tout. La peur de basculer dans la norme, de se murer dans le silence de la routine. Devenir comme tous les autres. Le besoin d'hurler qu'on est perdu. Fuir la laideur d'un avenir pré-construit. Avoir des envies de liberté, de beauté. La Beauté qui existe partout, à chaque instant. Qui est foulée du pied.

Le renoncement de soi-même, lorsqu'on finit par se rendre compte que jamais on ne pourra être comme on le souhaite. Le lent glissement vers le futur que nous prédestine les autres. L'acceptation de ce qui va devenir un non-choix de vie. La fuite.

Et toujours ce hurlement, comme seul moyen d'expression. Les autres ne comprennent pas. Personne ne peut, on ne veut pas. Puis on finit par se rendre compte qu'on est plus seul. On accepte d'être compris, on accepte les autres différents. Tout n'est pas perdu, à plusieurs, peut-être qu'on peut donner un véritable sens à chaque matin. Donner une direction au lever du soleil, se reposer sur la lune en sachant que demain ne sera que plus passionnant que la veille, et qu'après-demain nous promet ses merveilles depuis le fond de l'infini. Il faut réussir à comprendre, à passer de l'autre côté, là où il y a de l'espoir, là où la vie apparaît en elle-même et diffuse un sens qui n'a pas besoin d'être compris ni d'exister pour permettre de trouver le bonheur.

La quête du bonheur. Certains ne finissent jamais par y penser, ni à le chercher. Fondez-vous dans la masse, il y a du bonheur laid et puant à portée de main pour vous. Un faux bonheur qui finit par vous changer, vous finissez par croire qu'il est ce qu'il vous faut. Que tel ou tel choix de vie n'est au final que votre propre choix. Vous finissez par enterrer votre âme d'enfant. Cette âme, elle ne savait rien. Et elle était heureuse.

L'adolescence donc, à la sortie de l'enfance. A la mort de l'enfance. Quand l'Homme se rend compte qu'il n'y a rien après, qu"il essaie de revenir en arrière. Mais qui ne peut pas. Qui hurle son désespoir en vain. Qui se mure dans le silence tandis qu'une créature germe en son sein. Il faut l'arracher tant que c'est possible, elle finirait par devenir tentaculaire, par se nourrir du dernier petit rire d'enfant en nous, celui qui résonne loin, tout au fond.

Il est temps de chercher ce message secret dont le murmure parcourt l'air.

 

Au final je ne sais toujours pas quoi dire sur la pièce. Même maintenant, j'en sais rien.

J'ai pleuré. Il y a eu un scène, à la fin. Une sorte de déclic, ou l'apogée de la pièce. Je ne pensais pas ça possible, j'ai versé une larme au théâtre. Ça explique sans doute pourquoi je suis rentré seul, ensuite. J'avais besoin d'assimiler tout ce que j'avais vu.

 

La neige, le froid, la soif, et le silence.

Publié dans Billets

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