Critique - When you're strange

Publié le par Tmnath

When you're strange

par Tom DiCillo (2010)

 

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Il est temps de repartir dans les années 60, histoire de s'attaquer à l'un des plus gros groupes de rock de tous les temps. De nos jours, je doute que vous puissiez trouver une personne ayant un minimum de culture ne connaissant pas les Doors, du moins par le nom et 2-3 morceaux. J'avais à l'époque un ami complètement passionné par ce groupe, et j'écoutais moi-même un peu. Je veux dire par là que personnellement, je n'ai jamais vraiment cherché à connaitre ce groupe malgré la réputation incroyable que je leur savais. Mais les -bons- documentaires musicaux sur ces groupes sont assez rares, alors pourquoi ne pas y aller, ne serait-ce pour ma culture générale et musicale.

 

On est jeté dès le début dans les années 60 en plein commencement du mouvement hippie. Tout est images d'archive, l'introduction prend place avec un film dans lequel on retrouve Jim Morrison, chanteur et leader spirituel du groupe. A la manière de l'émission de radio du film "The future is unwritten", les quelques films avec Jim servent de fil conducteur et d'illustration.

On a le droit au commencement à une petite biographie histoire de mieux cerner le caractère du James, malgré la difficulté du défi. Le film retrace alors à coup de voix off (Johnny Depp s'en charge d'ailleurs) l'ensemble de l'histoire du groupe. Il est difficile de dire que le tout n'est pas centré sur Morrison ; comme pour le public il est le préféré à l'image. Car en parlant de lui, on aborde inévitablement l'histoire du groupe. Le condensé est, malgré mon manque de bases sur le sujet, plutôt complet. L'important dans un documentaire aussi précis est de savoir manier les anecdotes et les images pour raconter un maximum de choses, le plus souvent en donnant un double sens aux différents tableaux. Tom DiCillo en véritable fan accomplit un travail remarquable.

Le génie du groupe en lui-même suffit pour n'avoir à en dire plus. Le réalisateur ne s'aventure pas non plus sur les terres de l'interprétation. La "perception" de Jim est offerte à l'œil du spectateur, brute et nue. A chacun d'essayer de comprendre le génie et la folie de cet homme, dans une certaine mesure, car la tâche n'est pas aisée.

 

Je parlais de culture, car culture il y a. La plongée dans les années hippie est plutôt intéressante avec un petit retour sur leurs buts et revendications. La place du rock des années 60 est pas mal remise en cause avec quelques débats politiques qui avait eu lieu sur le sujet. La drogue est elle aussi omniprésente avec ses débordements et les problèmes causés sur le groupe et les artistes de l'époque. Ces dérives du sujet sont toujours justifiées et approfondissent la place des Doors dans le contexte de l'époque.

 

Au final le film rend hommage au groupe de la meilleure façon possible : en ne donnant pas son avis. The Doors est ce qu'il est, les faits sont là, faites-en ce que vous voulez, mais vous ne pouvez pas dénigrer tout ce qu'il a engendré et changé. La question de l'objectivité dans les documentaires est parfois remise en question. Ici la vision du réalisateur, bien qu'elle soit très claire, n'interfère pas avec celle que vous pouvez vous faire. Une sorte de double vérité.

 

"If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, infinite.”

             William Blake

Publié dans Ciné

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