Critique - Poetry

Publié le par Tmnath

Poetry

 

par Lee Chang-Dong (2010)

 

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J'ai l'impression d'être passé à côté de ce film, ou l'inverse. Je l'attendais depuis un bout de temps, histoire qu'il soit enfin projeté dans le cinéma du quartier, VOST oblige.

C'est donc l'histoire d'une vieille femme qui perd peu à peu pied, la vieillesse la rattrapant, sa mémoire se dégradant. Elle décide de prendre des cours de poésie pour raviver un vieux souvenir de la poète qu'elle n'a pas été. Le prof de poésie en question (qui aime user de belles phrases clichées) lui apprend qu'il faut qu'elle apprécie la vie dans sa plus simple forme, qu'elle s'ouvre au monde pour découvrir la beauté des choses les plus simples. Elle s'entraine alors, avec une certaine candeur, à comprendre le monde. Et c'est alors que son petit fils, qu'elle aime beaucoup mais qu'elle ne comprend pas, est accusé de viol collectif sur une fille de son collège, qui s'est ensuite suicidée. Les parents des autres enfants sont plus préoccupés par la compensation financière à apporter à la famille de la victime que par l'horreur du geste commis par leurs enfants. Ils se réunissent pour discuter de la somme à donner, rient ensemble et font la fête une fois le problème réglé. Alors que la fille a quand même été violée une dizaine de fois et s'est jetée d'un pont.
Notre grand-mère se tient à l'écart d'eux, elle est horrifiée par l'acte commis mais ne discute à aucun moment de ce qui s'est passé avec son petit-fils. Elle qui devait ressentir la vie, elle en découvre la face sombre.

Il y a une belle partie sur la contemplation, très agréable, soutenue par des paysages et des détails que le réalisateur a pris soin de filmer correctement (et où il a pris son temps). Le reste du film est tourné de façon peu original, sauvé toutefois par les images de la Corée du Sud. L'ennui s'installe à partir de la moitié du film, le scénario commence à tourner un peu en rond, à l'image de son héroïne.
La fin par contre est d'une grande beauté et sauve le tout.

Au final j'ai eu l'impression que le réalisateur avait tant de choses à nous raconter, mais qu'il a eu tant de mal. L'ennui d'une bonne partie du film rend mon avis sûrement un peu trop négatif, ou alors c'est que je n'ai pas l'habitude du cinéma sud-coréen. Cette vieille dame qui ne comprend pas son petit-fils, mais qui n'ose pas ou ne peut pas lui parler, cette vieille dame chez qui la vie s'efface peu à peu de la mémoire, doit gérer tellement de choses, qu'elle finit par trouver l'inspiration et la beauté dans l'horreur.

 

6 Pizzas / 10

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Publié dans Ciné

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