Critique - Mammuth

Publié le par Tmnath

Mammuth

par Gustave Kervern et Benoit Delépine (2010)

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Ma critique sur ce film arrive avec un peu plus d'un mois de retard sur la sortie (21 Avril). Le seul endroit où il était diffusé était bien le cinéma de ma ville, cinéma ô combien important pour moi par sa diffusion de films en VOSTFR et à petit budget. J'ai sauté sur l'occasion lorsque ce long-métrage est finalement arrivé à l'écran.

Le nom des réalisateurs peut vous évoquer des souvenirs rattachés à Canal + puisque ce sont bien deux éminentes figures de Groland qui sont aux commandes. D'ailleurs un autre film réalisé par Kafka, alias Francis Kuntz, était sorti pratiquement en même temps que celui-ci. En entendant le mot "Groland" on peut s'attendre à retrouver quelque part le fameux humour noir et cynique propre à l'émission. Mammuth est d'ailleurs servi par un putain de casting, avec aux côtés de Depardieu et Yolande Morreau, Isabelle Adjani, Anna Mouglalis ou encore Benoît Poelvoorde.

 

       La retraite arrive pour Serge Pilardosse, infatiguable travailleur. Depardieu incarne ici un homme bourru, une force brute. Enorme, gigantesque Depardieu dans tous les sens du terme. Quel talent ! La longue crinière de Serge souligne la puissance animale qui se dégage de cet homme massif et sans-gêne. Alors qu'il commence à s'enfoncer dans l'ennui, il apprend que certains de ses employeurs passés ne l'ont pas déclaré. Il ne peut donc pas réclamer l'argent qui lui est dû et décide de partir sur les routes retrouver ses anciens patrons. Pour se faire, il sillone le pays avec sa Mammuth, une vieille moto qui reposait dans son garage. En ressortant du fond du placard la vieille bécane, il fait aussi ressurgir le passé. On comprend dès lors pourquoi Serge s'est éreinté toute sa vie à travailler. Il travaillait pour oublier, pour ne pas penser à ce qui s'est passé. En se lançant sur les traces de sa propre histoire, il réveille le fantôme d'un amour brisé qu'incarne Isabelle Adjani.

A partir de là, le film se transforme en road-movie. Serge, à travers son voyage, redécouvre un monde absurde, fou et cruel. Les rencontres sont toutes plus surréalistes les unes que les autres tandis que le taudis administratif stagne.

L'humour est une part importante du film. Mais un humour particulier, simple et beau. Le rire provient d'une certaine pureté dans le gag, une grâce simple faite de moments du quotidien filmés avec intelligence. On égratigne ici et là la société à chaque passage du corpulent protagoniste. La patte grolandaise ressurgit avec force de temps à autre pour donner une seconde saveur au film.

 

L'histoire de ce bonhomme dur à l'extérieur et fragile en son coeur reflète bien l'image du film, plus profonde qu'elle n'en a l'air. L'histoire de ce personnage pour qui les femmes sont des muses nous arrache des sourires de tendresse à travers toute son humanité. Le casting sert bien la diversité et la folie des personnages, avec un coup de coeur particulier pour Miss Ming incarnant la nièce de Serge, qui permet d'accentuer avec beauté le ton décalé.

En fin de compte, une poésie sage traçant un portrait humain de la vie.

 

       D'ailleurs, croyez-le ou pas, Depardieu ne s'est pas fait payer pour ce film.

Comme quoi le talent n'a pas de prix.

Publié dans Ciné

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Kahlan 30/05/2010 14:47


Dès que j'ai vu la bande annonce, j'ai eu envie d'aller le voir. Tu me confortes dans mon idée, mais pas sûr qu'il passe dans "mon" ciné...


Tmnath 31/05/2010 18:33



Film à petit budget,


Film à supporter !