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Nous sommes Lundi 31 Mai, il est 17h32. Maintenant, dans quelques minutes, je vais supprimer mon compte Facebook. Après tout, ce n'est pas réellement quelque chose d'extraordinaire. Le combat derrière cet acte l'est en revanche beaucoup plus. Combat mené par ce site.
Les raisons sont fondées et les arguments solides. Moi qui ai lu 1984 de G. Orwell, je n'aurais pas du m'y inscrire. La seule raison qui m'a poussé à le faire, c'était pour retrouver des amis d'enfance. Et le constat que je fais à ce moment précis est que je leur ai parlé au début, puis plus rien depuis. C'est certes dommage, mais il faut aller de l'avant. En dehors de ça, Facebook n'est rien d'autre qu'une vitrine bondée et surexposée de ma vie. J'avais pourtant gardé mon compte, après tout quel mal peut-il y avoir à ça ? Hein ?
Après tout, qu'est ce que j'en ai à foutre de ma vie privée. C'est amusant de graver son existence dans les serveurs de Mark Zuckerberg, histoire qu'il possède entre ses mains des informations sur le monde entier. Il connait alors vos opinions religieuses, politiques, l'état de votre couple, de votre famille, qui est mort ou vivant dans votre entourage, les dernières soirées où vous vous êtes rendu, avec qui, quelles conneries vous y avez faites. Tout.
«Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, [...] le gamin qui joue avec un jouet dont il n'a pas le contrôle.»
Morphix, philosophe 2.0
J'étais au courant de toutes ces pratiques de reventes de données. J'ai donc minimisé le nombre d'infos disponibles sur mon profil. Ah, vous n'êtes pas au courant pour les reventes de données ? Ici même. En gros, dès que vous cliquez sur une pub sur Facebook, le publicitaire connait votre nom et prénom. Après, il est simple qu'il recoupe l'information avec d'autre sites. Si la pub sur laquelle vous avez cliqué concernait, je ne sais pas, une voiture en solde, il se peut qu'en vous baladant sur d'autres sites vous vous trouviez nez à nez avez des pubs ventant les mérites de voitures similaires. Déjà que la pub est envahissante, si en plus elle devient ciblée, c'est la fin de la liberté de penser. Imaginez que les compagnies publicitaires connaissant chacun de vos goûts et les adaptent pour que n'importe où sur le web, des pubs adaptées vous suivent. Comme si vous étiez pistés et surveillés à chaque moment, que vous ne représentiez plus qu'un client potentiel.
Paranoïa ? Que nenni. Encore en développement, pas encore en France ? En place depuis 1 an et demi.
Et encore, cette revente de données de Facebook est une de celles connues, qui sait combien de marchés de l'information se tiennent dans l'ombre, où le produit devient la carte d'identité précise de toute une population. De futurs clients.
Pour revenir sur Facebook, je dois reconnaitre certaines utilités quand même. La partage de photos est assez impressionnant et facile d'accès, vu la puissance des serveurs. Les anniversaires, aussi. J'aurais franchement du mal à retenir la date d'anniversaire de tout le monde, alors histoire de faire plaisir à quelqu'un en montrant qu'on pense à lui, c'est pratique (et hypocrite, faut bien avouer que sans Facebook personne ne se souvient de l'anniv' de personne).
Au-delà de ça, c'est une tartine de philosophie de comptoir et un déballage des soirées de débauche de la veille. Je ne parle même pas des applications omni-présentes qui ont vite fait de spammer votre timeline et votre boite mail. C'est le nouveau joujou des développeurs en mal d'amour. Quand je pense que certains y voient le futur du jeux vidéo.
Tout ça pour dire qu'en fin de compte, je le reconnais, c'est bien une drogue. Mais je pense pouvoir m'en passer. Et je vais gagner pas mal de temps chaque jour :)
Déjà qu'avec Hadopi, notre liberté et notre vie privée en prend un coup (si Hadopi est vraiment appliquée un jour), j'arrête ça.
Quoi ? Arrête de dire des conneries, je ne suis pas inscrit sur Facebook.